Expé 2020#2 – le MIN

Le Marché d’Intérêt National (M.I.N.) : nourrir autrement le ventre de la ville

L’histoire nous montre que le MIN à Nantes suit différentes installations en lien avec la croissance urbaine et la demande de plus en plus forte en produits alimentaires.
Le premier marché de gros s’installa en 1903 dans le quartier du Champ de Mars aux portes du centre historique. Le quartier fourmille très vite d’entrepôts autour du ventre installé au rez-de- chaussée du Palais du Champ de Mars. Lieu d’échanges par excellence, il s’ancre sur l’ile de Nantes en 1969 près du faisceau ferroviaire de la gare de l’Etat.
Récemment poussé hors la ville (le MIN est au sud de la porte de Rezé et inauguré en 2019), il s’arrime aux infrastructures de transport jugées aujourd’hui plus efficaces comme le périphérique métropolitain.

Toujours plus loin mais aussi toujours plus gros, le nouveau MIN (le 1 er régional et le 2 ème après Rungis) s’étend sur 19,4 ha dont 5 ha de surface de vente offrant tous les produits alimentaires, libre- service de gros, sociétés de courtage et de transport.


A défaut de pouvoir organiser une visite du MIN, nous sommes allés à la rencontre des architectes du MIN, l’agence EGA, l’agence Franco-suédoise (Erik Giudice Architectes) qui a remporté le concours du MIN en 2015. Erik Giudice et Marcin Sikora ont pris le temps de nous expliquer la genèse de ce projet de plus de 19,4 hectares, comment s’organise-t-il, quels ont été leur concept, leur inspirations… Ce projet a mobilisé une dizaine de personnes au sein de l’agence, dont Marcin Sikora qui a déménagé sur Nantes afin de pouvoir suivre au mieux ce chantier titanesque !.


Un maillon essentiel du Projet Alimentaire Territorial (P.A.T.)

Le MIN est présenté aujourd’hui comme un maillon essentiel du Projet Alimentaire Territorial de Nantes Métropole. Le site internet du MIN Nantes Métropole indique « privilégier les productions locales » et offre accès à « des produits régionaux, français et internationaux ». La vocation même du MIN, le transport à petite et grande échelles de produits locaux ou internationaux, interroge sur la pérennisation de ce type de modèle, déclinaison locale d’un marché alimentaire mondialisé.
Aujourd’hui, le transport et les approvisionnements sont questionnés, les réserves alimentaires autour des grandes villes finalement limitées, la transformation de l’agriculture conventionnelle en bio encore balbutiante.

Le MIN ne serait-il pas au cœur de cette mutation, faisant la part belle aux productions locales et moteur d’une économie circulaire de proximité ?
Ne peut-on pas parler de « résilience alimentaire » comme d’un phénomène cruciale de notre vie sociale?

La pandémie actuelle nous indique sans aucun doute une voie nouvelle à explorer.


Nous avons également rencontré Dominique Barreau, chef de projet pour le Projet Alimentaire Territorial pour Nantes Métropole. Il nous explique dans un 1er temps ce qu’est le Projet Alimentaire Territorial (PAT), son origine, son développement, ses enjeux et objectifs…Puis, il nous explique comment le MIN, pivot d’un ecosytème innovant dans le Grand Ouest, s’inscrit pleinement dans la stratégie du PAT.

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