« et si la ville était crise? »

L’ardepa, association régionale pour la diffusion et la promotion de l’architecture, s’attache à promouvoir l’architecture contemporaine et l’urbanisme à travers des actions culturelles adressées aux professionnels, au public amateur et aux scolaires dans la Région des Pays de la Loire.
Confrontés aux actualités de transformations brutales économiques et aux résonances sociétales de cette crise inéluctable, ce cycle de rencontres est l’occasion de chercher à comprendre comment les  crises révèlent  les fragilités et les failles d’un système. Comment habite-on ces failles? Comment  ces fissures permettent-elles d’engager des mutations fécondes, véritables alternatives génératrices de liens et d’urbanité…

Au regard des éléments observables du cadre bâti, de la production urbaine et de la pensée de cette production, ces rencontres se dérouleront autour de trois thèmes :

Urbanité : entre temporalité et façonnage
« Crises » et machines fictionnelles
Lézardes et fécondités de systèmes en rééquilibre : mutations engagées

Les trois rencontres sont construites autour d’intervenants aux champs de spécialités variées et complémentaires, et de Paul Cloutour pour la médiation. Une table ronde, regroupant un panel varié d’acteurs urbains, architecturaux, techniques et institutionnel, sera présente pour questionner les intervenants. Les rencontres se clôtureront par un échange avec la salle.

Synopsis de la 1ère rencontre

On dit’’ la ville se développe, se transforme, mute et s’étale…
‘On dit’’ c’est la crise…
‘‘On dit’’ il faudrait fabriquer plus d’urbanité…
Mais… Qu’appelle-t-on développement, transformation, mutation et étalement?
Qu’appelle-t-on crise? Qu’appelle-t-on urbanité?

La ville est-elle une juxtaposition, un catalogue de quartiers, de bâtiments, d’identités cristallisées dans leurs volontés d’être potentiellement des idéaux (que ces idéaux soient de société, de territoires, ou de profits) ou bien est-elle un assemblage complexe d’états, de micro-territoires toujours accomplis, toujours à ré-interroger et chaque fois engagés potentiellement dans la possibilité de leurs mutations, de leurs dépassements?

Quand, où, comment et par qui se sont engagés et façonnés les développements, les transformations et les mutations des cités? Cette première rencontre sera l’occasion de cheminer le long des sentiers qu’ouvrent ces questions. Il ne s’agira pas tant de répondre que d’interroger ce ‘‘fait’’ qui semble établi : c’est la crise. Nous tenterons d’éclairer et de déconstruire notre propre temporalité, l’inscrivant, elle aussi, dans son  mouvement de mutations et de déplacements à venir… Cette première rencontre cherchera à mettre en lumière 3 exemples précis de villes, d’urbanités façonnées par des temps et des modèles différents de pensée, d’épistologie, d’économie et de société.

Et si les villes étaient une crise toujours ré-inventée?

Intervenants :
Chris Younes : Docteur en philosophie, Directrice du GERPHAU (philosophie, architecture, urbain).
Jean Lévêque : Philosophe, enseignant à l’école d’architecture de Nantes.
Luc Vissuzaine : Urbaniste, chargé de projets publics.

Synopsis de la 2ème rencontre

On murmure (en soupirant) : « La crise est presque finie »
Mais on chuchote (en se terrant) : « La machine peut s’emballer de nouveau et personne n’y pourra rien »
Et parfois on entend (au loin) : « Le système boursier est, tout entier, fondé sur des modèles mathématiques qui ne peuvent et ne pourrons mener qu’à ce type de catastrophe, à répétition »
Et alors ?!…

Comment comprendre que notre monde politique soit pétri de l’insistante nécessité du durable et que, dans le même temps, notre monde économique se nourrisse (se gave ?!) de l’éphémère urgence du virtuel ? Comment éclairer cette impression que nous avons, parfois, d’être les personnages (les acteurs ?!) de fictions politiques, sociales et économiques en apparentes contradictions ? Comment poursuivre l’élan et le façonnage de la cité sans chercher à connaitre et reconnaitre la mécanique épuisée des moteurs que nous avons en main ?

Minimiser le risque pour maximiser le gain, tel semble être le moteur, le modèle qui façonne notre temporalité… Pourquoi ? En a-t-il toujours été ainsi ? Et si non comment en est-on arrivé là ?
Quel est cette sensation qui nous tient et nous chuchote que cette crise là nous fera basculer dans un autre monde, dans une autre histoire, comme si la limite de ce modèle était atteinte…

Cette seconde rencontre se propose de comprendre dans quelle mesure (et quelle démesure ?!) les modèles mathématiques, chacun selon leur modes, ont pu générer leurs temporalités, leurs mondes économiques et politiques, leurs fictions sociales et culturelles…

Que se passe-t’il lorsqu’un modèle s’épuise, lorsqu’un autre surgit ?

Quelle place la cité fait-elle pour qu’un nouveau modèle fasse lieu ?

Intervenants :
Jean Dhombres : Directeur de recherche au CNRS, Jean Dhombres est mathématicien, il est également directeur d’études (en épistémologie et histoire des sciences exactes) à l’EHESS.
Jean Lévèque : Professeur à l’école d’architecture de Nantes, Jean Lévèque est philosophe-épistémologue. Enseignant en classes préparatoires scientifiques, il est également professeur au Collège International de Philosophie.

Synopsis de la 3ème rencontre :

Si la ville était crise, quelles seraient ses lézardes ?

Un récit de la lézarde serait le lézard… L’animal, force vive et fulgurante, lézardant avec délice sous le moindre rayon de soleil aurait offert son nom à la fêlure, à la fissure, à la cassure ou l’éraillure…
Et le lézard ? La suite de l’histoire le ferait venir du muscle latin (musculus)… Ce musculus qui, avant un long séjour sur la mer Egée, aurait traversé, sabre en main, les steppes d’Asie centrale, à la tête d’une caravane dérobée (mûsch) de rats (mûscha) sanscrits…
Mais il est une autre épopée du lézard, occitane celle là, qui le ferait surgir des larmes (lacrimusia)… ?
Quelle aventure de la lézarde choisira t’on d’habiter? Celle de la brèche menaçante ? Celle de l’interstice prometteur ?

La fissure seule autoriserait elle le surgissement d’autres systèmes, d’autres assemblages, d’autres chemins…. Lorsque « l’entendu » monolithique est en doute, se lézarde et cherche de nouveaux ancrages comment sortir de son dictat, que ré-inventer qui saurait prendre sa place dans un autre entendu, certes, mais qui, de mutations en mutations, de crises en crises, saurait apprendre au lézard de la lézarde à faire des pirouettes …
Toujours en mouvement, les murs de la ville ne seraient-ils pas cette écriture aguicheuse, toujours active et potentielle de l’invention d’un quotidien… ?
Les sources lexicales* sont utilisées ici en marchant, à chacun de faire son propre chemin… A destination de ceux qui cherchent, qui marchandent, qui façonnent et qui crisent ….

*Le Bailly, Le Gaffiot, Le Littré, Dictionnaire étymologique occitan Robert A. Geuljans, Dictionnaire historique de la langue française de A. Rey

Intervenants :
Jean Dhombres : Directeur de recherche au CNRS, Jean Dhombres est mathématicien, il est également directeur d’études (en épistémologie et histoire des sciences exactes) à l’EHESS.
Jean Lévèque : Professeur à l’école d’architecture de Nantes, Jean Lévèque est philosophe-épistémologue. Enseignant en classes préparatoires scientifiques, il est également professeur au Collège International de Philosophie.
Jean-Philippe Milet : agrégé et docteur en philosophie, enseigne en classe préparatoire et est ancien directeur de programme au Collège international de Philosophie.

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